Quelques utilitaires pour le shell

Rédigé par Frédéric Dumas Aucun commentaire
Classé dans : Administration système Mots clés : shell, progress, ncdu, btop
Fenêtre par défaut de Btop sous Linux
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La ligne de commande souffre de son origine remontant aux années 60; rien n'empêche pourtant d'y utiliser de beaux utilitaires qui viennent compléter ce qui manque dans les outils de base.



apt install progress ncdu btop 

Cette ligne suffit pour ajouter à son système Linux ces trois utilitaires, grâce auxquels le confort du shell s'améliore. Dans ce billet, leur usage est présenté en commençant par le plus indispensable d'entre eux (progress, anciennement pv) et en finissant par le plus impressionnant graphiquement parlant (btop). Au milieu, ncdu n'est pas mal non plus...




progress

Ce premier utilitaire de notre sélection est celui qui donne le plus de sucreries à notre cerveau: il offre un indicateur de progression en temps réel à la pléthore d'applications qui sont capables de réclamer de longues minutes pour achever leur tache, dans un silence complet.

Pourquoi des sucreries ? Parce que l'attitude rationnelle, si nous étions les émules de Mr Spock, serait d'écraser CTRL+Z au clavier, pour pousser en tâche de fond ce traitement en cours, cette copie lancée, cette archive à compresser, qui n'en finissent pas de s'achever. On retrouverait ainsi l'usage du prompt pour passer les commandes suivantes. Après tout, ça s'achèvera quand ça pourra, sans rien changer à l'affaire.

Mais au lieu de cette rationalité sans concession à laquelle n'accède que le Vulcain, avouons le, ce qui nous manque c'est de savoir "où ça en est", de suivre cette barre de progression qui pousse de gauche à droite, de rester scotché à l'écran à lire ce compteur qui s'incrémente en pourcents du travail à finir. Ah, comme c'est satisfaisant de pouvoir contempler le travail en train de s'accomplir par la machine, avec la conscience satisfaite de "surveiller ce qui se passe" !

L'utilitaire progress répond exactement à ce besoin humain, et de la meilleure manière: pas besoin d'y penser avant de lancer la commande qui prendra trois plombes à finir, il suffit de se connecter après dans un nouveau terminal, sous le même utilisateur, et de là saisir simplement:

watch progress -c [nom_de_la_commande_qui_n'en_finit_pas_et_sans_ses_arguments]

L'utilité est redoutable, car progress permet de satisfaire sa curiosité au moment où l'absence d'indicateur commençait à nous faire grincer des dents, tout en préservant la bonne conscience de prétendre faire autre chose en attendant, puisqu'il tourne dans une autre session, ouverte pour l'occasion.

Ah, quel bel outil !


ncdu

Cet outil est offert à tous les rageux qui ne supportent pas la commande du, ni qu'elle puisse seulement exister, tant son affichage est rustique et son usage laborieux. Vous avez essayé du, ses options, vous avez peut-être même lu son man, imaginant, Présomptieux !, que vous pourriez la dompter. Ahah, quel espoir insolent. du vous aura rendu fou avant d'en être conscient. Abandonnez, sauvez-vous, courrez utiliser NCurses Disk Usage, et reconnaissez que s'il n'existait pas, la gestion de vos giga-octets serait juste impossible.

Il suffit de se placer dans le répertoire à partir duquel on veut explorer tous les sous-répertoires qui peuvent le peupler, et de saisir sur la ligne de commande:

ncdu --color=dark -t8

pour lancer l'exploration de l'arborescence présente dans ce répertoire. Les options apportent, sur nos configurations modernes, un peu de couleur (--color=dark) et la mise à contribution des multiples cœurs de nos processeurs (-t8), ce qui accélère évidemment le scan initial de l'arborescence.

Lorsqu'il a fini d'analyser l'arborescence présente dans le répertoire à la base duquel on l'a lancé, ncdu restitue un affichage intuitif, dans lequel on se déplace grâce aux flèches du clavier, pour ouvrir les sous-répertoires et naviguer dans leur contenu. Ah, tandis que le collègue qui s'acharne sur du en est encore a se battre à coup de sort et find...

L'usage ultime de ncdu, quand on a trouvé où se nichaient les blobs qui occupent indûment des gigas inutiles sur le disque, c'est de les effacer ! Ça se fait directement depuis ncdu, pas besoin de revenir au shell ni de saisir un quelconque chemin comme argument de la commande rm. Il suffit de passer en inverse vidéo sur l'objet qu'on veut supprimer, et d'utiliser la touche D du clavier.

L'aide de ncdu est intégrée, c'est classe.

Avec ça vous allez pouvoir faire des coupes sombres dans les arborescences un peu trop chargées.


btop

L'équivalent d'un "gestionnaire des tâches - task manager" en ligne de commande, btop est à htop ce que htop est à topCapisce ?

Voici top

Disponible par défaut sur tous les systèmes Linux, il accuse son âge.

Voici htop

Disponible dans les outils d'administration de tous les gestionnaires de paquets de logiciels libres, htop est facile à installer, et beaucoup plus intuitif à utiliser.

Voici btop


Btop est une explosion de couleurs et de symboles en mouvement dans l'écran du terminal, qu'il soit émulé en ANSI, VT100 ou xterm. Sur tous les écrans, y compris la console texte native VT102 du poste de travail Linux (CTRL-ALT-F1), btop affiche l'état du système et des processus en cours avec une profusions de détails et le souci d'en jeter au maximum.




Btop est l'utilitaire idéal pour frimer, capable de transformer une modeste station de travail en poste de contrôle de centrale nucléaire, tellement l'affichage parait grandiose pour un terminal texte. Il se commande non seulement avec les flèches du clavier, mais aussi à la souris. Courage, cliquez un peu partout pour voir l'affichage se modifier et les écrans s'ouvrir en surimpression. Tout cela en mode texte dans une console.

Selon les terminaux, les goodies graphiques exploités par btop seront plus ou moins avancés. Ici le même affichage que précédemment, mais à distance en ssh:

Plus sérieusement, en plus de l'habituel suivi de la charge en mémoire et sur le CPU liée aux processus en cours d'exécution, btop présente l'avantage d'agréger encore les accès disque et réseau, qui nécessitent habituellement pour les observer de lancer des utilitaires dédiés, respectivement iotop et iftop.

Serez-vous un utilisateur de btop ? Si vous l'utilisez déjà, dites-nous en commentaires le service que cet époustouflant task manager en mode texte vous rend réellement. 
Personnellement, je lui préfère le script python glances...





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Pour joindre l'auteur: f.dumas@ellis.siteparc.fr



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